Marie Ange

femme
prothésiste dentaire
formatrice

Témoignage paru dans inffo formation n° 890, décembre 2015, Nicolas DEGUERRY

Courante chez les consultants, la question vaut aussi pour les formateurs : peut-on exercer ce métier en première instance, ou doit-on nécessairement disposer d’une solide expérience professionnelle avant d’envisager de transmettre son savoir ?

Formatrice en prothèse dentaire depuis 2004, après avoir exercé en laboratoire pendant près de trente ans, Marie-Ange  a tranché : “On ne peut pas être formateur sans une longue expérience professionnelle qui vous aura exposé aux aléas et pièges du métier.” Mais si elle-même valorise autant l’expérience, c’est sans doute qu’elle en est un pur produit. Dotée du seul CAP quand elle entame sa carrière, elle prit très tôt l’habitude d’organiser sa progression par de multiples incursions chez des confrères aguerris. Parfois à son compte, parfois en tant que salariée, Marie-Ange n’aura cessé d’aller chercher ailleurs ce que sa courte formation initiale et l’évolution du métier commandaient.

Visiblement douée pour cette forme d’autoformation partagée, elle aurait très bien pu finir ainsi sa carrière si ce n’était une certaine lassitude. “J’en avais assez de travailler en milieu clos, avec peu de contacts et pas vraiment de réel dialogue”, explique-t-elle. Et pour justifier sa décision d’aller frapper à la porte d’un organisme de formation, elle évoque les nombreux apprentis accueillis au cours de sa carrière en laboratoire : En les formant, je me suis aperçue que j’étais faite pour ça. Auto-évaluation non démentie par la suite puisque, d’abord embauchée comme formatrice responsable du BEP auxiliaire de prothèse dentaire, elle dirige aujourd’hui le BTS. “Pour apprendre le métier de formatrice, j’ai été guidée par l’équipe mais, vraiment, j’étais comme un poisson dans l’eau : la pédagogie, j’en ai ; le contact, ça me plaît beaucoup ; trouver des solutions, apporter mon savoir et transmettre mon expérience, j’adore !”

Passée par la validation de l’expérience, elle s’explique : “Sans me l’imposer, c’est ma direction qui m’a demandé si je ne souhaitais pas passer le bac pro. J’étais partante parce que je trouvais que c’était bien de valider mon parcours par un diplôme”, répond-elle. Avec un financement du Fongecif Paca, elle mettra trois mois à constituer son dossier, salué par les félicitations du jury.

Reconnaissant une satisfaction personnelle, elle est aujourd’hui elle-même membre de jury VAE. Là encore, son expérience la sert : “En tant que formatrice, j’ai eu des facilités, mais pour les autres, je sais combien il est difficile de comprendre ce que l’on vous demande vraiment et de traduire ses actes en mots.” Et pour celle qui aime se placer sous la bannière du “Tous capables !”, il ne peut y avoir qu’une réponse : “Davantage accompagner les candidats à la VAE.”