Maryline

femme
caissière
chauffeur poids lourd

Témoignage paru dans "30 récits, 30 parcours professionnels et personnels", édité par le FPSPP et le réseau des Fongecif en 2013

Après un Congé Individuel de Formation, Maryline exerce un métier plus en adéquation avec ses valeurs et son tempérament : chauffeur super lourds. Elle assume complètement ce travail contrairement à son emploi précédent. Cette transformation, elle la doit à son énergie, à sa ténacité et aux encouragements de son entourage.

Elle aime rire, et rit tout le temps. Résolument positive, Maryline fait partager sa joie de vivre et son humour. À 45 ans, cette mère de trois enfants a radicalement changé de vie.

Depuis 2011 et suite à un CIF CAP Conduite routière, elle est chauffeur super lourds dans les travaux publics. Avant, elle était caissière dans la grande distribution. Elle aurait pu être employée de bureau ou aide-soignante mais c’était sans compter sur son caractère atypique.

Consciemment ou non, adolescente, elle ne voulait déjà pas faire comme tout le monde. Elle aime être différente. Mordue d’engins de travaux publics et de moto, elle passe un titre professionnel de mécanicien moto. Bien que passionnée, elle n’exerce pas dans ce secteur : «Il y a 20 ans, les filles n’étaient pas bien vues dans ces formations. C’était bien trop dur ». Alors, après avoir rencontré son compagnon, elle enchaîne les emplois saisonniers dans la grande distribution. Elle donne naissance à ses enfants et les choses auraient pu continuer ainsi.

Honte d’exercer son métier

Nouvelle responsable avec qui le courant ne passe pas, conditions de travail si dures que Maryline est opérée d’une hernie discale, honte tenace qu’elle ressent en parlant de son métier de caissière. La responsable du magasin l’informe sur le Fongecif et les possibilités de reconversion. Elle rencontre alors une conseillère qui l’aide à construire son projet.

Une aventure familiale

Conduire des camions, c’est une idée qu’elle a depuis longtemps. Mais de là à la réaliser... Cela ne se fait pas sans mal. Mener de front une formation, l’apprentissage de la conduite et la vie de famille n’est pas facile tous les jours. «Plus mon entourage m’encourageait, plus je m’accrochais.. Entre midi et deux je passais le code, et entre seize et dix-huit heures des heures supplémentaires de conduite » se souvient-elle.

Le formateur de l’auto-école, à l’écoute de ses difficultés, lui propose plus d’heures de conduite qu’aux autres stagiaires. Aujourd’hui intérimaire, ses journées commencent tôt. Parfois, elle ne travaille pas et en profite pour être plus disponible pour sa famille.

Elle se sent autonome et indépendante. Ses collègues masculins ? Ils ne sont pas surpris et plutôt prévenants.

C’est une aventure à plusieurs cette histoire-là. Son compagnon, d’abord un peu inquiet, l’a encouragée. Et c’est avec une note de satisfaction dans la voix que Maryline explique : «Mes enfants sont super fiers de leur mère. On faisait la course des notes et on travaillait ensemble le soir». Si on l’interroge sur ses projets, Maryline affirme vouloir progresser. Elle aimerait que la conduite d’un gros gabarit devienne naturelle. Et puis, elle ferait bien encore une formation !