Matthieu

homme
comptable
danseur et chorégraphe

Témoignage paru dans "30 récits, 30 parcours professionnels et personnels"

27 jours de marche, 900 km parcourus sur le chemin côtier de Saint-Jacques-de Compostelle. C’est l’été 2013 et Matthieu vient de vivre une belle expérience. D’une voix douce ponctuée de sourires, il raconte son parcours de transition professionnelle... ses hauts, ses bas et sa vie d’artiste à 31 ans. Itinéraire d’un enfant sportif, à la fois curieux et compétiteur, devenu danseur

En octobre 2008, à 26 ans, Matthieu décroche son premier contrat en tant que danseur. Il est encore en stage après sa formation en danse contemporaine dans le cadre du CIF. Il ne danse pourtant que depuis 4 ans. Tout est allé très vite depuis. Il mène de front son activité au sein de différentes compagnies, de la figuration et des projets de création.

Après un échec en seconde générale, Matthieu se découvre de réelles aptitudes et un vrai intérêt pour les métiers de la comptabilité. Son bac pro en poche, il poursuit ses études à l’étranger et profite d’une vague de recrutements pour intégrer un grand groupe national. Première étape de vie bouclée en temps record. Néanmoins, la lassitude arrive rapidement. Au bout de 2 ans, l’activité s’essouffle, beaucoup de collaborateurs envisagent de se réorienter.

Matthieu est décidé, il est maintenant urgent de changer, la limite d’âge le guette ! Depuis son enfance et encouragé par sa famille, Matthieu a toujours aimé et pratiqué plusieurs sports. Gymnaste en sport-études, adepte du tumbling, il commence la pratique de la danse à 23 ans comme loisir nécessaire à son épanouissement. Et pourquoi ne pas en faire son métier ? 

Faire le lien 

C’est en spectateur assidu qu’il découvre la danse. À son retour d’Angleterre en 2003, Matthieu intègre le conservatoire municipal de Marignane : d’abord un cours semaine, puis deux, puis trois.
Après une brève pause pour s’investir professionnellement dans son métier de comptable, il prend conscience de la nécessité impérieuse de passer d’une pratique en amateur à une activité professionnelle. Il commence à Istres, au sein de la compagnie Coline, un apprentissage en danse contemporaine. Vingt mois à temps plein. Même si le ministère de la Culture ne labellise pas cette formation, il obtient la reconnaissance de ses pairs. Ensuite les contrats s’enchaînent.

Matthieu est heureux quand il danse, heureux de ce nomadisme et de la multiplicité des projets. Pleinement conscient des cycles liés au métier, il recherche presque l’instabilité pour créer, sentir, atteindre des objectifs. Les phases de creux et de rupture font partie de son activité. Il passe régulièrement des auditions. Il définit cette transition comme quelque chose de « doux et violent ». Il n’a pas abandonné son histoire et se sert des compétences acquises lors de ses expériences précédentes. Il fait de façon presque improbable le lien : la rigueur, l’organisation, la créativité liée au travail en équipe. Loin d’être une perte de temps, sa première vie professionnelle l’a façonné et l’aide aujourd’hui à garder les pieds sur terre.